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Table ronde / Débat « Tensions de recrutement dans les métiers du soin et de l’autonomie : agissons sur les conditions de travail »

Par ARDIE 47


Les métiers du soin et de l’autonomie peinent à recruter. La situation, sans être alarmante, demeure récurrente et nécessite plus qu’une réflexion, un plan d’action qui devra viser à redorer l’attractivité de ces professions. La table ronde qui s’est tenue vendredi 28 novembre à l’Agropole d’Estillac, proposée dans le cadre de la semaine des métiers de l’autonomie, a été animée par la Direction de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) de Lot et Garonne, la communauté « Les entreprises s’engagent » et Ardie 47.


Le constat est sans concession, point de faux semblant dans ces échanges entre professionnels patentés. Le métier est en souffrance. Il a été maintes fois évoqué l’état de crise, de « sinistralité » dans lequel est plongé ce secteur d’activité qui doit et devra pourtant faire face à une démographie exponentielle du troisième et quatrième âge.

Il est loin le temps où les personnels soignants ont été applaudis et portés au nu, en 2021, lors du Covid. « La situation est grave » admet Viviane Dupuy-Christophe, directrice départementale de la DDETSPP.


Les professionnels ont le sentiment de ne pas être écoutés, que leur métier n’est pas reconnu à sa juste valeur. Cela s’ajoute à la pression vécue au quotidien dans la course au temps pour gérer au mieux chaque personne.


Agathe Soubie, psychologue du travail, relève les souffrances des salariés à leurs postes « et ce sentiment de ne pas effectuer leur travail correctement : il faut faire plus avec moins alors qu’elles travaillent sur de l’humain fragile. Elles ont des mots forts et dévastateurs, elles se considèrent comme des catapultrices tellement on leur demande d’aller toujours plus vite sans jamais pouvoir répondre aux demandes des résidents ».


Tout cela n’est pas sans conséquence sur la santé, Hubert Francillette, ingénieur-conseil à la Carsat Aquitaine, relève un taux anormalement élevé d’accidents du travail dans ce milieu, avec des raisons identifiées : « une politique d’équipements déficiente alors que des outils ergonomiques existent, l’âge de plus en plus avancé des résidents présentant une corpulence de plus en plus prononcée, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, de nature à exposer le soignant à des manipulations inadéquates ; et une organisation du travail insuffisamment efficiente pour permettre aux employés de respecter un temps de repos indispensable ».

 

« La blouse, pas le blues »


Il existe heureusement des raisons de croire en des jours meilleurs dans ces métiers de l’autonomie, à commencer par la considération à accorder au personnel, ce que note Agathe Soubie : « Ecoutez vos salariés, ils ont de super idées ! ». Tandis que Hubert Francillette est formel : « on pourrait retrouver des sourires sur les visages des soignants avec une meilleur organisation des plannings, la blouse pas le blues ».

Un rayon de soleil nous vient de Casteljaloux et Tonneins de la part de Nicolas Garcia, directeur depuis treize ans des EHPAD sur les deux communes (100 lits au total) : « s’il suffisait d’avoir le matériel tout le monde serait content. Mais mon travail va bien au-delà, je le déclinerai en trois points :

-        Le respect des collaborateurs, on ne vient pas au travail pour se faire mal,

-        La formation, le management,

-        Le temps de repos. Je me suis toujours interdit de faire appel à un salarié sur ses jours de repos. Il faut qu’il coupe et se ressource. Un salarié à une grille de lecture de ses congés sur plusieurs mois, à ce jour, il doit avoir posé ou pas ses congés pour février 2026 ».

Que du bonheur pour les syndicats (Angélique Marmié pour la CFDT et Catherine Herrero pour la CFTC) présents à cette table ronde, mais on est loin, selon elles, d’avoir une telle organisation du travail dans la quasi-totalité des autres structures… « Nous avons affaire aujourd’hui à des salariés fatigués, usés, victimes des maladies de découragement (burn-out), de longues maladies. Il conviendrait de mettre les agents en fin de carrière à des postes plus adaptés, moins physiques, avec une mission qui pourrait être la transmission de leur expérience aux personnels entrants » s’accordent à dire les deux représentantes syndicales qui n’omettent pas de parler des salaires, bien peu incitatifs pour tenter les volontaires à se lancer dans le métier. Ce qui oblige par exemple Audrey Da Rocha, responsable de l’entreprise privée « A’ Domicile » à recruter son personnel parmi les anciens et anciennes, pour compléter une pension de retraite bien trop basse.



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